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Étude

Statistiques des cartes tactiques de Schotten Totten : comment se jouent les Tactiques

Une étude de données. Nous avons fait jouer à l'IA du site 400 parties de la variante tactique contre elle-même et noté chaque Tactique jouée. Colin-Maillard arrive le plus souvent sur la table, le Traître le moins, et le joueur qui finit avec une Tactique d'avance gagne environ trois parties sur cinq.

6 min

Ce que mesure cette étude

Cette page est une étude de données, pas un guide de stratégie. Ce que fait chaque carte Tactique est fixé par les règles et expliqué carte par carte dans notre guide des cartes tactiques de Schotten Totten. Ce que personne ne semble avoir compté, c'est l'usage des cartes une fois la partie lancée : combien sortent, lesquelles, jouées par qui, et si elles accompagnent la victoire. Pour le savoir, l'IA du site a joué 400 parties de la variante tactique contre elle-même, avec la même force des deux côtés et une graine fixe. Les tours suivent l'ordre du livret, comme au jeu de base : poser une carte, revendiquer, puis piocher. Chaque Tactique jouée a été notée, avec le joueur qui l'a posée, et à la fin de chaque partie nous avons noté le vainqueur.

Nos autres études, les statistiques des Bornes de Schotten Totten et les statistiques des combinaisons de Schotten Totten, portent sur le jeu de base. Celle-ci est la première à utiliser le paquet Tactique, avec une nouvelle série de 400 parties. Une partie s'est terminée sans vainqueur. Ses cartes comptent comme jouées, aucune comme jouée par le vainqueur, et elle est écartée du décompte de la Tactique d'avance. Une version antérieure de cette page comptait des parties où les Bornes se revendiquaient au début du tour, le calendrier du mode expert de Schotten Totten. Le site suit désormais l'ordre imprimé, tous les chiffres ci-dessous viennent d'une nouvelle série jouée ainsi, et la comparaison avec la série antérieure est ce que l'étude a de plus parlant.

Deux copies d'une même IA ne sont pas deux personnes. Elles lisent le jeu de la même façon et ne bluffent jamais : lis donc ces chiffres comme le résultat d'un jeu prudent et régulier, pas comme une loi du jeu entre humains.

Combien de Tactiques par partie

En tout, l'IA a joué une Tactique 1 912 fois, environ 5 par partie. La partie médiane a utilisé 5 des 10 cartes du paquet. Les 10 ne sont sorties que dans 4 parties, et 7 parties n'ont vu aucune Tactique.

Tactiques par partieParties
0 à 281
3 à 496
5 à 6109
7 à 887
9 à 1027

Règles de la variante tactique : livret de Schotten Totten, transcrit par RulesPal ; chiffres : le moteur de jeu du site, variante tactique, graine 20261011, la même IA des deux côtés, recherche réglée sur 200 itérations ; la recherche ne se lance que dans les rares positions où chaque coup risque une défaite immédiate, si bien que ce réglage ne change presque rien.

Le paquet Tactique compte donc dans la partie, sans pour autant s'épuiser. Dans 223 parties, un peu plus de la moitié, au moins la moitié du paquet est arrivée sur la table ; dans 177, quatre cartes ou moins. Les deux joueurs s'en servent à peu près autant, puisque les règles n'autorisent jamais un joueur à avoir plus d'une Tactique d'avance.

Quelles cartes sortent

CartePosesPartiesPar le vainqueur
Colin-Maillard29574 %46 %
Combat de Boue25865 %47 %
Chasseur de Tête25464 %49 %
Porte-Bouclier23058 %58 %
Espion20351 %56 %
Banshee14236 %63 %
Stratège12732 %31 %
Traître7920 %35 %
Joker (2 exemplaires)32441 % par exemplaire61 %
Toutes1 91251 %

Chaque carte, sauf le Joker, est unique : elle se joue au plus une fois par partie. Chaque joueur ne peut avoir qu'un seul Joker de son côté, donc une partie en voit au plus deux.

Colin-Maillard mène : il change la façon dont une Borne est jugée, et l'IA lui a trouvé un usage dans trois parties sur quatre. Combat de Boue et le Chasseur de Tête suivent, au coude à coude, dans environ deux parties sur trois. Le Traître ferme la marche, dans une partie sur cinq : il lui faut une carte Clan ou une Troupe d'élite adverse qui vaille la peine d'être volée, sur une Borne non revendiquée, et une place où la poser.

C'est sur cette dernière condition que le moment de la revendication pèse. Dans l'ordre imprimé, une Borne se revendique dans le tour même où la carte qui complète sa preuve est posée : une combinaison achevée reste donc rarement ouverte pendant le tour adverse. Les Ruses qui agissent du côté adverse d'une Borne non revendiquée, le Traître qui vole une carte et la Banshee qui en défausse une, ont bien moins de cibles. Dans la série antérieure, avec la revendication au début du tour, le Traître avait été joué 165 fois et la Banshee 254 fois en 400 parties ; dans l'ordre imprimé, 79 et 142 fois. Le Chasseur de Tête, qui agit sur ta propre main, n'a presque pas bougé : 255 poses alors, 254 aujourd'hui.

Le Joker mène en nombre brut, 324 poses, mais seulement parce qu'il y en a deux. Chaque exemplaire est arrivé sur la table dans environ 4 parties sur 10, moins souvent que cinq des cartes uniques et plus souvent que la Banshee, le Stratège et le Traître. Une carte qui choisit sa couleur et sa valeur a tout d'une carte qu'on joue sans attendre. L'étude ne dit pas si l'IA l'a gardé en main ou ne l'a jamais pioché.

Quelles cartes accompagnent la victoire

La dernière colonne du tableau ci-dessus donne, pour chaque carte, la part de ses utilisations faites par le joueur qui a fini par gagner. Comme les deux côtés sont joués par la même IA, une carte sans lien avec le résultat tournerait autour de 50 %, avec une marge de 6 à 11 points selon le nombre de fois où elle a été jouée : plus la carte est rare, plus la marge est large. Toutes cartes confondues, le vainqueur a fait 51 % des poses.

Cinq cartes sortent de cette fourchette. Trois penchent vers le vainqueur : la Banshee, 89 de ses 142 poses, soit 63 % ; le Joker, 61 % ; et le Porte-Bouclier, 134 de ses 230 poses, soit 58 %, ce dernier de justesse. Deux penchent de l'autre côté : le Stratège à 31 % et le Traître à 35 %. Colin-Maillard, Combat de Boue, le Chasseur de Tête et l'Espion restent à quelques points de 50 %, ce que le hasard seul donnerait avec neuf cartes mesurées à la fois.

La Banshee est la surprise. Elle n'est sortie que dans environ une partie sur trois, mais quand elle sortait, le joueur qui la posait gagnait le plus souvent. Avec des Bornes revendiquées dès que leur preuve est faite, elle défait rarement une combinaison achevée ; elle tombe sur des Bornes encore disputées, et dans nos parties cela a profité au joueur qui menait déjà. Le Stratège et le Traître racontent l'inverse. Un joueur mené cherche les cartes qui déplacent ou qui volent : le Stratège retire une de ses propres cartes d'une Borne mal engagée, et le Traître en prend une sur une Borne que l'adversaire est en train de gagner. Un joueur qui mène en a moins besoin. L'étude compte qui a joué quoi ; elle ne peut pas dire ce qui est venu en premier, la carte ou la difficulté.

La Tactique d'avance

D'après les règles, tu ne peux jouer une Tactique que si tu n'en as pas joué plus que ton adversaire : les deux joueurs finissent donc toujours à égalité ou à une carte d'écart. Dans 160 des 400 parties décidées, ils ont fini à égalité. Dans les 240 autres, un joueur avait joué une Tactique de plus :

Joueur avec la Tactique d'avanceParties
A gagné147
A perdu93

Le joueur qui avait la Tactique d'avance a gagné environ trois parties sur cinq. Lis ce chiffre avec la même prudence que plus haut : l'étude ne dit pas pourquoi. Une lecture probable tient encore au moment de la revendication. Une Tactique qui complète une combinaison prouvée s'encaisse désormais aussitôt, avant que l'adversaire puisse répondre : la Tactique de plus est donc plus souvent le coup qui conclut qu'un dernier recours. Dans la série antérieure, avec la revendication au début du tour, le même décompte allait dans l'autre sens : le joueur qui avait une Tactique d'avance perdait plus de deux parties sur trois.

Ce que ça change à la table

Trois lectures pratiques, de la plus sûre à la moins sûre.

D'abord, attends-toi à voir sortir la moitié du paquet. Dans une partie typique, 5 des 10 Tactiques sont jouées, et Colin-Maillard est la plus probable : il est apparu dans trois parties sur quatre. Une combinaison qui gagne une Borne normale ne gagne pas forcément une Borne sous Colin-Maillard, où seule la somme compte.

Ensuite, une Tactique qui conclut une Borne vaut d'être jouée. Tu revendiques juste après ta carte : un Joker, l'Espion ou le Porte-Bouclier qui complète une combinaison prouvée prend la Borne avant que l'adversaire puisse y répondre. Dans nos parties, le joueur qui finissait avec une Tactique d'avance a gagné plus souvent qu'il n'a perdu. Chaque Tactique donne malgré tout à ton adversaire le droit de répondre ailleurs : joue-en une quand elle ferme une Borne, pas seulement parce que tu le peux.

Enfin, ne compte pas sur un sauvetage. Le Traître et la Banshee ne touchent qu'une Borne encore ouverte, et avec la revendication juste après la pose, la plupart des Bornes achevées ne le sont plus. Le Traître est arrivé sur la table dans une partie sur cinq et, comme le Stratège, surtout chez le joueur qui a fini par perdre. Les règles de la variante sont sur notre page des cartes tactiques de Schotten Totten, et celles du jeu de base dans les règles de Schotten Totten.

L'étude en cinq lignes

  • Sur 400 parties, l'IA a joué une Tactique 1 912 fois, environ 5 par partie. Dans 223 parties, plus de la moitié, au moins 5 des 10 cartes du paquet ont servi.
  • Colin-Maillard a été joué dans 74 % des parties, Combat de Boue dans 65 % et le Chasseur de Tête dans 64 %. Le Traître est la carte la moins utilisée, dans 20 % des parties.
  • Une Borne se revendique dans le tour où sa preuve est faite : les Ruses qui volent ou défaussent ont donc moins de cibles, et le Traître comme la Banshee sont sortis environ deux fois moins que dans une série antérieure où l'on revendiquait au début du tour.
  • Certaines cartes penchent du côté du vainqueur : 63 % des poses de la Banshee, 61 % de celles du Joker et 58 % de celles du Porte-Bouclier sont venues du joueur qui a fini par gagner. Le Stratège et le Traître ont surtout été joués par le perdant.
  • Quand un joueur a fini la partie avec une Tactique d'avance, il a gagné 147 parties et en a perdu 93.

Questions fréquentes

Quelle carte Tactique est la plus jouée à Schotten Totten ?

En comptant les exemplaires, le Joker, avec 324 poses en 400 parties. Mais le paquet contient deux Jokers : chaque exemplaire a donc été joué dans environ 4 parties sur 10. Parmi les cartes uniques, Colin-Maillard est la plus jouée, dans 295 des 400 parties, devant Combat de Boue (258) et le Chasseur de Tête (254).

Quelle carte Tactique est la moins jouée ?

Le Traître, dans 79 des 400 parties. Le Stratège suit avec 127, puis la Banshee avec 142. Le Traître et le Stratège ont été joués plus souvent par le joueur qui a fini par perdre ; la Banshee, toute rare qu'elle soit, surtout par celui qui a fini par gagner.

Jouer plus de cartes Tactique fait-il gagner ?

Dans nos parties, plutôt oui. D'après les règles, un joueur ne peut jamais avoir plus d'une Tactique d'avance. Quand un joueur a fini la partie avec une Tactique d'avance, il a gagné 147 parties et en a perdu 93. Dans 160 parties, les deux joueurs en avaient joué autant. L'étude mesure le lien, pas la cause.

Comment ces statistiques des Tactiques de Schotten Totten ont-elles été mesurées ?

L'IA du site a joué 400 parties de la variante tactique contre elle-même, avec les mêmes réglages des deux côtés et une graine fixe ; on peut donc relancer le calcul et retrouver les mêmes chiffres. Les tours suivaient l'ordre du livret : poser une carte, revendiquer, puis piocher. Chaque Tactique jouée a été notée, avec le joueur qui l'a jouée et, à la fin, le vainqueur.

Une étude de fan non officielle. Chaque chiffre vient de parties jouées par l'IA du site contre elle-même avec une graine fixe, si bien que n'importe qui peut relancer le script et retrouver les mêmes chiffres ; les règles elles-mêmes viennent du livret de l'éditeur.